O superman I

 
2013                 
Paraphernalia                 
Ensemble dʼobjets, dimension variable                 



 
2013
Ikob, Eupen


Text from the booklet of the exhibition O Superman at IKOB, 2013.

O Superman aims to highlight a ‘horizon of events’ and asks about the grey areas of a particular kind of justice whose super-vision results in an intertwining of individual destiny and collective cause.
What lies beyond that horizon is metaphorically personified by a detention centre called ADX Florence 1 — a place of unbearable solitude where the collapse of the law has lead to a dehumanizing logic that Michel Foucault would have qualified as ‘micro-politics of the body’ which focuses on the dilution of one’s identity. The subjects live in the protective shadow of a sword of Damocles hanging over their heads that is handled by authorities.
Treating ADX as a place—half physical, half conceptual—O Superman explores without restraint the notion of border: on the fringes of territories and law, of the self and identity; an operational territory of control software and surveillance cameras, a borderland created by sensory deprivation.
From now on it is an imperative that these boundaries remain at least partially unknown or blurred, for the ground is mined with a series of preventive traps. The backing of illegal practices by justice or the differential treatment of the law in certain areas is — once more according to Foucault — an integral part of a so- ciety that falls under ‘illegalism’. It is not unusual to cross these boundaries in all innocence and to venture into those grey areas where the realm of crime mingles with the rule of law.
O Superman questions the project of the New Man — a ‘super-man’ who paradoxi- cally is devoid of any remaining humanity. What about those moments in which, within the battlements of privacy, in the for- tress of the own home, one is isolated and there is again this illusion of being the sole master on board, insolently enjoying and abusing liberties just like the dwarfs in Werner Herzog’s movie Even Dwarfs Started Small? Isn’t there a leaning and an indescribable hunger for destroying whatever kind of model?
Identity is a fragile and complex construction which is supervised by Law. This ‘super-vision’ is O Superman. 

O Superman vise à mettre en lumière un « horizon des évènements » et s’interroge sur les zones grises d’une justice dont la super-vision voit s’imbriquer destin individuel et cause collective.
L’au-delà de cet horizon est incarné ici métaphoriquement par la prison ADX Florence1, lieu de solitude insoutenable où, à l’effondrement de la loi, succède une logique déshumanisante que Michel Foucault qualifierait de « micro-politique du corps», axée sur l’isolement et la dilution de l’identité. Les individus libres vivent à l’ombre protectrice d’une épée de Damoclès maniée par l’Autorité.
Si, ici, ADX est traitée comme un lieu, entité mi-physique et mi-conceptuelle, O Superman explore librement la notion de frontière: aux confins des territoires et du droit, du soi et de l’identité, territoire opérationnel des logiciels de contrôle, des caméras de surveillance, état limite induit par la privation sensorielle.
Il est désormais impératif qu’une partie – au moins – de ces frontières soit incon- nue ou demeure floue, car le terrain est miné d’un certain nombre de pièges préventifs. La caution de la justice envers des pratiques illégales, ou le traite- ment différentiel de la loi dans certains domaines est toujours selon Foucault une composante centrale des sociétés qu’il nomme « illégalisme ». Il n’est pas rare de franchir cette limite en toute innocence et de s’aventurer dans ces zones grises qui font communiquer le monde du crime avec les sentiers de la loi.
O superman interroge ce projet d’homme nouveau ; un surhomme dans lequel – paradoxalement – plus rien d’humain ne subsiste. Qu’en est-il de ces moments où, entre les remparts de l’espace privé, dans la forteresse du domicile, on se trouve isolé et que se rejoue l’illusion d’être le seul maître à bord, jouissant et abusant insolemment de libertés tels les nains du film de Werner Herzog (Les nains aussi ont commencé petit)? N’y a t’il pas un goût, un penchant indicible pour la destruction des modèles quels qu’ils soient ?
L’identité est une construction fragile et complexe placée sous la supervision de la Loi. Cette «super-vision» est O Superman. 










Dessin d'une cellule type du pénitentier d'ADX Florence, tiré du manuel des détenus.